Mythes sur les violences conjugales 

 

Au moins 16 femmes ont déjà succombé sous les coups de leur conjoint, en France en 2016. Depuis hier le meurtre d’une aide-soignante à Goetzenbruck est relégué à la rubrique « fait divers » par les journalistes, comme une banale anecdote. En évoquant un « drame familial », le procureur de la République Jean-Luc Jaeg avait déjà positionné ce féminicide, suivi du suicide du meurtrier, dans le répertoire de la tragédie plutôt que dans celui du code pénal.

Un drame, c’est une pièce de théâtre avec une mise en scène, des effets dramatiques. En faisant le parallèle avec un crime, nos magistrats font de l’assassin un artiste, un créateur ! D’ailleurs on parle aussi de « l’auteur » d’un crime…

Les articles qui relatent les meurtres de femmes par un conjoint emploient toujours le même vocabulaire qui minimise la gravité de ces crimes : « crime passionnel » – l’adjectif qui porte l’accent sur la prétendue souffrance du tueur et invisibilise celle de la victime. Pire encore quand les mots atténuent la responsabilité du meurtrier : « drame familial » et « drame conjugal » pour décrire des meurtres, infanticides et féminicides, « disputes conjugales » pour décrire des agressions d’un homme contre sa conjointe, « drame de la séparation », etc. Sans oublier les tournures passives qui évitent de nommer l’agresseur.

Ce vocabulaire témoigne du manque de sensibilisation des journalistes, mais aussi des policiers et des magistrats qu’ils citent.

Or, comme le dit très justement cette pétition (à signer !!!), comment peut-on prévenir et juger ce qu’on échoue à nommer ?

Ces deux textes de Sporenda sont indispensables pour mieux décoder les mythes sur les meurtres conjugaux véhiculés par notre langage :

Ces deux textes datent de 2004, mais restent d’actualité : rien n’a changé depuis. A consulter aussi, des articles plus récents :

Nous attendons la justice au tournant.

PAS DE JUSTICE, PAS DE PAIX

 

 

 

Accueil : https://revolutionfeministe.wordpress.com

Advertisements