« Syndrome d’Aliénation Parentale » (SAP) :
une arme de guerre masculiniste contre les femmes et les enfants

Par SAMINT

 

Photo : Serge Charnay par S.SALOM-GOMIS/SIPA - "Fathers 4 Justice" par Rex Features
Photo : Serge Charnay par S.SALOM-GOMIS/SIPA – « Fathers 4 Justice » par Rex Features

Les masculinistes, ces défenseurs du patriarcat et pleurnichards de l’inégalité femmes/hommes à l’envers s’organisent pour défendre farouchement leurs privilèges que ce soit d’un point de vue individuel, familial ou sociétal. Le masculinisme est un mouvement réactionnaire dont le lobbying s’articule autour de revendications qui lui permettent de continuer à jouir impunément des avantages de la domination masculine et pour cela tous les moyens sont bons qui à se percher sur une grue ou à inventer des théories aussi délirantes que dangereuses que celles du « Syndrome d’Aliénation Parentale » (SAP) ou de l’ « Aliénation Parentale » (AP) qui n’échappent pas à la règle. Le « SAP » ou « AP » a la particularité d’être un outil de propagande masculiniste lors de séparation de couple ou de cas d’inceste et l’existence d’un tel discours est destructeur pour les femmes, qui sont donc exposées à une nouvelle violence lors d’une procédure de divorce par exemple. La diffusion à grande échelle de ce concept flou et fourre-tout incriminant la mère peut donner illusion d’une réalité scientifique alors qu’il n’en est rien, mais il est plutôt question d’occulter des violences masculines telles que les violences conjugales, les pressions psychologiques, l’inceste, les pensions alimentaires impayées, les enlèvements d’enfants etc… et ceci paradoxalement par le biais d’une posture victimaire de ces « pères » d’un point de vue judiciaire et plus largement sociétal afin d’en faire une norme.

 

« SAP » : une invention destructrice utilisée par les masculinistes
Tout d’abord, rappelons une évidence à savoir que la théorie masculiniste du « Syndrome d’Aliénation Parentale » (SAP) ou de l’ « Aliénation Parentale » (AP) n’existe pas !
Les partisans du « SAP » utilisent volontiers l’enfumage de cette théorie scabreuse datant du début des années 1980 inventée par Richard Gardner, un « pédopsychiatre » favorable à la « pédophilie » (donc à la pédocriminalité) sachant que l’inceste est aussi une manifestation de la domination masculine. D’après Richard Gardner, le « SAP » se décrirait comme un trouble dans lequel un enfant continue à rabaisser, insulter ou rejeter un parent de manière inexpliquée. Ainsi, la mère serait donc désignée comme la coupable idéale puisqu’elle chercherait indubitablement à manipuler l’enfant contre son ex-partenaire insufflant l’idée simpliste qu’il serait inutile de chercher plus loin – tout serait donc de la faute de la mère qui souhaite justement faire valoir son droit de garde de l’enfant.
Le but étant aussi que la mère ne puisse plus défendre l’enfant des violences du dit « père », cette manœuvre vise à construire ce que l’on appelle un « bouclier pour les pères agresseurs sexuels » tout en incriminant sans cesse l’autre parent afin qu’une diversion puisse avoir lieu. Donc, les masculinistes arrivent à trouver d’autres « théoriciens » tels que Paul Bensussan et Hubert Van Giseghem qui adhèrent et relayent cette supercherie – notons au passage qu’ils dressent classiquement un portrait de la mère relevant systématiquement de la psychiatrisation et ceci sans aucun fondement scientifique à la clé. En outre, les masculinistes de l’Association « SOS Papa » par exemple tentent de banaliser ce concept flou et violent à l’égard des femmes et des enfants via le recours à ces « théoriciens » qui occultent totalement l’aspect massif des violences machistes et qui se gardent bien de rappeler que plus de 97% de la population carcérale est masculine. Leur stratégie consiste paradoxalement à avoir une posture victimaire même si les décisions de justice profitent généralement aux hommes en fin de compte tant sur le plan législatif que pratico-pratique dans la prise en charge du ou des enfants, n’hésitant pas à exercer un abandon de famille quand bon leur semble et à ne pas assumer leur responsabilité de « père » pour ce qui concerne l’éducation ou le paiement de la pension alimentaire – c’est le monde à l’envers !
Ce fameux « SAP » sorti du chapeau des masculinistes ne soucie guère des droits des enfants ou de leur équilibre, mais s’attache beaucoup plus à préserver les droits des hommes à être violents au sein de la cellule familiale que ce soit psychologiquement, physiquement, sexuellement ou administrativement etc… .
En résumé, un parent manipulateur et violent accuse l’autre parent d’un « Syndrome d’Aliénation Parentale » (SAP) pour le détruire – en réalité – il ne fait qu’accroître l’harcèlement psychologique sur le parent victime et se réfugier dans une posture victimaire pour écarter tout soupçon de violence intra-familiale devant les tribunaux entre autres. Par conséquent, celui qui accuse d’un « syndrome d’aliénation parentale » serait vraisemblablement l’agresseur (ou auteur du dit « SAP » auto-désigné comme tel) d’où la dangerosité de cette théorie aléatoire servant à opprimer davantage les femmes et les enfants et à permettre l’impunité de l’agresseur. Les « experts » auto-proclamés de ce « SAP » font tout leur possible pour minimiser et dissocier les violences conjugales ou intra-familiales de l’exercice anxiogène du droit de garde de l’enfant chez le parent violent – pour l’enfant lui-même et le parent victime. Rappelons une autre évidence à savoir qu’un homme violent ne sera jamais un bon « père » !
Le « SAP » est principalement utilisé comme une arme contre l’autre parent dans le contexte d’un conflit sur la garde du ou des enfants. Une théorie sans réalité scientifique qui ne peut bien entendu pas se substituer à une enquête avec des experts dignes de ce nom – et ceci dans la vraie vie et non pas dans le monde imaginaire et incroyablement violent des masculinistes de la pire espèce. Pour parvenir à leurs fins – pour eux – tous les moyens sont bons puisque les masculinistes, justifiés par leur haine des femmes, n’ont visiblement aucun scrupule à utiliser un procédé aussi ignoble que dangereux qu’est cette fausse accusation de « SAP », jusqu’où ira cette haine des femmes ?

 

« SAP » : non reconnu par les professionnels de la santé et de la justice
Le « SAP » est fortement décrié par les juristes et les spécialistes de la santé mentale surtout pour son manque de fiabilité, de rigueur scientifique et d’objectivité. De plus, aucune association professionnelle n’a reconnu le « SAP » comme un syndrome médical ou un trouble mental valable. Le « syndrome d’aliénation parentale » n’est listé nulle part, ni dans le Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux (DSM) de la Société américaine de psychiatrie ni dans la Classification internationale des maladies de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Le « syndrome d’aliénation parentale » n’est donc pas considéré en tant que tel ou défini à proprement dit comme un trouble par la communauté médicale, scientifique et judiciaire. Ainsi, d’un coup de baguette magique, ce « SAP » offre la possibilité aux masculinistes de pathologiser les personnes qui subissent ou dénoncent des violences masculines et d’invisibiliser les violences envers les enfants, commises par des hommes dans leur écrasante majorité au sein du huis clos familial.
Dans le cadre d’une procédure de divorce, les professionnels de la Justice (magistrat et psychologue par exemple) voient le manipulateur destructeur (MD) se comporter comme une « victime irréprochable » et peuvent avoir l’impression que l’enfant « reproduit le discours de l’autre parent » en critiquant le MD. Les professionnels de la Justice peuvent également croire avoir affaire à un pseudo « syndrome d’aliénation parentale » car le parent maltraitant utilise volontiers cette accusation contre le parent victime et de manière répétée. Par conséquent, si les personnels ne sont pas formés au processus de la manipulation destructrice, il devient alors difficile de démêler le vrai du faux.
Le « père » voulant exercer une violence envers la mère et/ou occulter celle à l’égard du ou des enfants va donc utiliser l’accusation du dit « SAP » et s’attaquer aux différents membres de la famille en utilisant des procédés tantôt insidieux tantôt violents ou alors en créant gratuitement du conflit de manière à occuper le schéma mental du parent victime pour pouvoir impunément continuer à exercer des violences sexuelles sur l’enfant. Ce « père » violent agit comme un Pervers Narcissique (PN) capable par exemple de priver l’enfant d’un loisir qu’il aime en lui faisant croire que cette activité est rendue impossible du fait que l’autre parent ne souhaite pas financer cette activité alors qu’il n’en est RIEN. Le manipulateur destructeur (MD) souhaitant occulter ses propres violences, fait savoir à l’enfant que c’est l’autre parent qui refuse de payer afin qu’il ressente de la colère ou de l’animosité à l’encontre du parent victime de violences conjugales. Le transfert de la charge s’effectue sur la mère qui subit une violence supplémentaire alors que l’ex-partenaire crie haut et fort que c’est la mère qui « manipule » l’enfant contre lui sachant que cet harcèlement psychologique peut dégénérer et dans certains cas provoquer un suicide tant la pression est forte au quotidien.
Les soldats masculinistes du « SAP » que sont Paul Bensussan et Hubert Van Giseghem dépeignent la mère comme une femme tour à tour « méprisée », « abandonnée », « hystérique », « paranoïaque », « obsessionnelle » ou encore comme une femme habitée par un insatiable désir de vengeance ; sujette à des hallucinations concernant les violences et maltraitances de son ex-partenaire et parfois même présentée comme une « amazone » qui trouverait un plaisir délectable à haïr les hommes – ben voyons…. . Le sexisme est de rigueur comme vous pouvez aisément le constater dans cet exemple de « backlash » qui matérialise par la même occasion une nette régression des droits et libertés des femmes. Les masculinistes ont choisi d’être le porte-drapeau de cette dangereuse théorie voyant là un formidable moyen d’accabler les femmes afin d’être en mesure d’augmenter leur capacité de nuisance et de destruction envers celles-ci dans le cadre d’une séparation entre autres. Le déni des violences faites aux enfants s’opère en décrédibilisant la mère de manière à avoir le champ libre pour exercer pleinement la domination masculine allant jusqu’à s’octroyer le droit de vie et de mort sur tous les membres de la famille.

 

Pas de hasard… lors de séparations et de violences intra-familiales
L’accusation d’un « SAP » survient presque exclusivement dans un contexte de dispute concernant le droit de garde de l’enfant ; qui s’exprime initialement par une campagne de dénigrement d’un parent ne reposant sur aucune justification ou preuve tangible. Cette effrayante et simpliste théorie fait l’objet de sévères critiques dont certaines concernent la « pédophilie » en d’autres termes l’inceste ou la pédocriminalité. Selon le Conseil de l’Europe, un enfant sur cinq est abusé sexuellement, en majorité par un membre de sa famille ou un proche. Or cette théorie prétend que lors des séparations, 90% à 98 % des dénonciations d’abus sexuels seraient de fausses allégations – cherchez l’erreur… .
La croyance en la théorie de Richard Gardner s’attaque clairement aux femmes puisque encore une fois l’écrasante majorité des « pédocriminels » sont des hommes et que les mères sont souvent le seul obstacle qui empêche les « pédophiles » d’agir à leur guise. Les masculinistes prennent le soin de s’entourer de « psychologues » et de « psychiatres » dévoués à leur cause afin que leur invention du « SAP » alias « syndrome d’aliénation parentale » soit in fine reconnue par le corps médical pour pouvoir ainsi l’utiliser lors de procédures judiciaires – et comme par hasard pour défendre des « pères » accusés de violences sexuelles sur un ou plusieurs de leurs enfants. Il s’agit bel et bien d’une arme de guerre pour les masculinistes dans leur bataille pour le « droit des pères » afin de bénéficier de la garde de l’enfant malgré leur irresponsabilité et leur dangerosité ; afin de mieux contrer l’argument légitime de leur violence nécessitant du coup un éloignement.

Manipulation (justement) quand tu nous tiens… le « Syndrome d’Aliénation Parentale » (SAP) demeure tout simplement une vue de l’esprit sans aucun fondement scientifique ou médical, mais cette théorie imaginaire est la parfaite illustration d’une percée masculiniste, hostile aux droits des femmes et des enfants. Les lobbyistes du masculinisme osent se présenter en victimes malgré les innombrables privilèges que le patriarcat leur offre dans l’ensemble de la société mais cela ne leur suffit pas. Pour les masculinistes, la justice serait « sexiste » à leur égard alors que les décisions de justice prennent rarement en compte les violences des « pères » pour déterminer le droit de garde du ou des enfants – sachant que de toute manière un grand nombre d’hommes ne sont tout simplement pas intéresser par l’exercice du droit de garde de l’enfant se déchargeant volontiers de cette « contrainte » dans leur nouvelle vie de couple et laissant la mère prend seule en charge l’éducation de l’enfant.
Ces « activistes » de la domination masculine ne manquent pas de culot et n’hésitent pas se percher sur une grue ou à descendre en rappel d’un immeuble pour crier au monde entier les inégalités qu’ils subiraient par rapport aux femmes – avec la reprise d’un discours de type « male tears ». Pour les masculinistes, il est donc question de refaire l’histoire mais surtout pas un mot sur le non partage des tâches ménagères, le travail domestique non rémunéré des femmes, le nombre important de pensions alimentaires impayées, le fléau des violences conjugales et de l’inceste etc….

A les écouter, ces « pères » n’auraient que des droits et aucun devoir à accomplir même pas celui de contribuer à l’éducation de leur(s) enfant(s).
Les attaques contre les droits et libertés des femmes et des enfants sont constantes, la garde alternée obligatoire sert également cette même stratégie d’oppression et de confiscation de leur autonomie pour une meilleure emprise et ainsi les empêcher de réaliser l’éloignement géographique nécessaire pour se reconstruire loin des violences masculines et du harcèlement moral de l’ex-compagnon. Les enfants ne sont pas seulement « témoins » des violences conjugales mais aussi de réelles « victimes » ce qui permet à ces « pères » de perpétrer le modèle patriarcal à travers cette représentation de l’inégalité femmes/hommes imposée au quotidien à la nouvelle génération d’où la nécessité d’une culture de l’égalité filles/garçons à l’école pour une société plus juste, plus égalitaire ou tout simplement plus humaniste.

(Avril 2016)

 

 

Sources :

– « Syndrome d’Aliénation Parentale (SAP) et Aliénation Parentale (AP), c’est la même théorie psy » : Blog de Guillaume Leroy
http://guillaumeleroy.blogspot.fr/2014/05/syndrome-dalienation-parentale-sap-et.html

– « Le Sap n’existe pas : le psychiatre et expert en victimologie, Gérard Lopez  » : Revue de presse de Dominique Ferrieres
https://dominiqueferrieres.wordpress.com/2014/11/19/le-sap-nexiste-pas-le-psychiatre-et-expert-en-victimologie-gerard-lopez/

– « La vérité sur Richard Gardner, le Syndrome d’Aliénation Parentale (SAP) et les fausses allégations » : Revue de presse de Dominique Ferrieres
https://dominiqueferrieres.wordpress.com/2015/04/15/la-verite-sur-richard-gardner-le-syndrome-dalienation-parentale-sap-et-les-fausses-allegations/

– « Danger en protection de l’enfance »: par Hélène Romano et d’Eugénie Izard édité chez Dunod (livre)
http://www.dunod.com/sciences-sociales-humaines/action-sociale-et-medico-sociale/enfants-et-adolescents/danger-en-protection-de-lenfance

– « Retour sur les offensives masculinistes en 2013-2014 » : Site « Paris Luttes »
https://paris-luttes.info/retour-sur-les-offensives

 

 

 

Pour en savoir plus :

– « Syndrome d’aliénation parentale. Une théorie inventée utile au lobby des pères »
http://sisyphe.org/spip.php?article296

– « Quand un spécialiste justifie la pédophilie »
http://sisyphe.org/article.php3?id_article=294

– « La vérité du Richard Garner et syndrome d’Aliénation parentale »
http://contrelesap.canalblog.com/

– « Proposition de loi relative à l’autorité parentale et à l’intérêt de l’enfant » : Assemblée Nationale
http://www.assemblee-nationale.fr/14/propositions/pion1856.asp

– « Contre le masculinisme, Petit guide d’autodéfense intellectuelle » : Collectif Stop-Masculinisme
http://lagitation.free.fr/IMG/pdf/contre.le.masculinisme_web.pdf

 

 

LIENS UTILES   Liens utiles :

– « Les concepts de syndrome d’aliénation parentale (SAP) et d’enfants aliénés (EA) : sources d’erreur dans les conflits de garde d’enfants » https://revolutionfeministe.wordpress.com/2016/05/22/les-concepts-de-syndrome-dalienation-parentale-sap-et-denfants-alienes-ea-sources-derreur-dans-les-conflits-de-garde-denfants/

– « La guerre de la Justice américaine contre les mères »
https://revolutionfeministe.wordpress.com/2016/06/18/la-guerre-de-la-justice-americaine-contre-les-meres/

– « La Domination Masculine » (Documentaire) https://www.youtube.com/watch?v=22e8cI6Q9Ww

– « Breaking The Silence; Children’s Stories » (documentaire en anglais) https://www.youtube.com/watch?v=3rShllw2gMk

– « Small Justice : Little Justice in America’s Courts » (documentaire en anglais) https://www.youtube.com/watch?v=CNXqDgSAOt4

 

 

 

 

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