Bisexualité : une orientation sexuelle qui dérange (1ère partie)

– Trilogie invisiBIliIté –

 

Par SAMINT

 

 

La biphobie est mal connue puisque celle-ci intéresse peu les leadeurs/deuses d’opinion, ou ne réussit pas vraiment à mobiliser les énergies militantes autour de cette cause qui concerne pourtant des millions de personnes, un silence plus qu’assourdissant n’est-ce pas ?

Tout d’abord, commençons par rappeler que la « biphobie » n’est ni la « gayphobie », ni la « lesbophobie », ni la « transphobie » – et que la bisexualité est une orientation sexuelle à part entière – autre que l’hétérosexualité et l’homosexualité (sachant que ni la « transidentité » d’une personne ni son éventuelle adhésion au concept du « pansexualisme » ne définissent son orientation sexuelle proprement dite). Les personnes bisexuelles font aisément le constat amer que la biphobie concerne un spectre large de la population, quel que soit leur âge, leur sexe, leur orientation sexuelle, leur catégorie socioprofessionnelle ou même leur engagement au sein de la communauté LGBT+. Le sentiment d’être la cinquième roue du carrosse se fait rapidement sentir, dans cette vision très normative tant d’un côté que de l’autre, puisque le centrisme des hétérosexuel-le-s, des gays et des lesbiennes exclue les bi-e-s.

Les bisexuel-le-s font l’objet de stéréotypes spécifiques tant de la part des hétérosexuel-le-s que des homosexuel-le-s et donc y compris de la part de personnes sensibilisées à la notion de discrimination en corrélation avec l’orientation sexuelle. Les bisexuel-le-s sont soit les grand-e-s oublié-e-s des débats, soit infantilisé-e-s, soit présenté-e-s de manière péjorative voire même perverse comme des personnes pratiquant à tout-va la polygamie, le libertinage, l’infidélité ou encore comme étant incapables d’avoir une relation de couple, si ce n’est pas tout cela à la fois.

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Les bisexuel-le-s doivent également faire face à l’accusation généralisée d’une supposée prédisposition à une sorte d’« instabilité psychologique » qui leur serait propre, bien que ceci n’ait aucun fondement scientifique. Ainsi, elles/ils font encore l’objet de suspicions aussi irrationnelles qu’injustes ou bien de questionnements inquisiteurs des plus grotesques entretenus par les médias – mais aussi par l’inconscient collectif – les présentant comme des êtres luxurieux, dépravés, infidèles, malsains, non fiables (sans oublier l’usage de superlatifs à leur encontre et ceci peu importe le sujet de conversation). De plus, le silence sur la violence institutionnelle à l’égard des personnes bisexuelles se manifeste également par la persistance d’un vide juridique en ce qui concerne la condamnation d’actes biphobes avec l’absence de lois nommant spécifiquement la BIPHOBIE comme c’est déjà le cas pour l’homophobie et la transphobie. Mais, pour cela, il faudrait que le terme « biphobie » fasse son apparition dans le dictionnaire puisque ce que l’on ne nomme pas n’existe pas.

Ensuite, le fait d’entretenir une confusion des esprits entre la théorie du « pansexualisme », la « transidentité » d’un-e individu-e et la bisexualité en elle-même, accroît encore un peu plus l’INVISIBILITÉ des personnes bisexuel-le-s. Nous pouvons désormais affirmer que le silence qui règne autour de la biphobie dans notre société relève de la santé publique car les bi-e-s sont les laissés pour compte des droits LGBT, subissant quotidiennement le déni de leur orientation, le rejet, la moquerie, le dénigrement, le jugement de valeur, les insultes et des agressions de tous ordres. Etant donné que la « Trilogie InvisiBIlité » a été rédigée au lendemain de la « Marche des Fiertés » 2016, il semble judicieux de se demander si cette orientation sexuelle qu’est la bisexualité serait encore un tabou (alors que ses traces historiques remontent à l’Antiquité) ou encore ce qui pourrait expliquer son rejet. La persistance de ces préjugés est intimement liée à des mécanismes d’oppression et de domination à l’endroit des personnes bisexuel-le-s, malgré la renommée mondiale des travaux de recherches scientifiques d’Alfred Kinsey, Fritz Klein ou de Shere Hite concernant la sexualité.

 

 

1 ère partie de la « Trilogie invisiBIlité »

Bisexualité : une orientation sexuelle qui dérange

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Drapeau bi

Les idées préconçues se nourrissent de l’ignorance et d’une certaine paresse intellectuelle. Pour ne pas céder à la facilité ou au simplisme d’une vision binaire [hétérosexualité/homosexualité], il convient de s’interroger au préalable sur ce qu’est la sexualité, l’orientation sexuelle, le genre ou encore l’identité de genre afin d’éviter d’éventuels contresens, amalgames ou erreurs d’appréciation. La sexualité est un ensemble de comportements ayant comme dénominateur commun, une recherche de plaisir et/ou d’excitation (qui peuvent bien évidemment interagir avec le « sentiment amoureux »). Cependant, la sexualité demeure essentiellement le résultat d’une construction sociale et culturelle allant dans le sens d’une vision patriarcale faite de rapport de forces et d’aliénation. L’argument simpliste selon lequel il y aurait « autant de sexualités que d’individu-e-s » invite à subir et surtout à ne pas réfléchir aux rapports de domination qui transparaissent dans les rapports sexuels. Donc, si vous vous interrogez à ce sujet, cela devient votre problème personnel et non pas une question sociétale ou sociologique de la sexualité.

L’orientation sexuelle est l’attrait ressenti envers un être, qu’il soit ou non du même sexe, il existe trois orientations sexuelles, à savoir : la bisexualité (attirance pour les deux sexes), l’homosexualité (attirance pour le même sexe) et l’hétérosexualité (attirance pour le sexe opposé). Les carences de la langue française pour décrire la bisexualité sont fortement préjudiciables et donnent souvent lieu à une vision faussement fantasmée de cette orientation sexuelle. En outre, certaines personnes se déclarent comme « asexuelles », en d’autres termes n’ayant aucune attirance sexuelle. D’autres personnes se disent « pansexuelles », au regard d’une théorie ne faisant aucune distinction entre le sexe et le genre : cette posture vise à se démarquer de toute appartenance à une orientation sexuelle (le préfixe « pan » signifie « tout » en grec) qui dissocierait alors le genre de l’orientation sexuelle.

L’identité de genre fait référence à la représentation sociale qu’une personne pourrait donner à voir relevant du genre féminin ou masculin, qui est en opposition avec le sexe de naissance. Pour les personnes « transexuelles », cette notion d’identité de genre est essentielle, car il y a un conflit entre le genre auquel elles sont assignées et leur sexe biologique.

Ainsi, après ce préambule sur la définition de quelques termes récurrents présents dans les débats, nous pouvons dire que le simple fait d’énoncer la bisexualité comme une orientation sexuelle à part entière pourrait être assimilé à un acte de militantisme : cela implique une remise en question de principes normatifs de la sexualité et du conformisme social qui en découle. Le fait de condamner la biphobie ou d’enclencher un débat sur la bisexualité permet de faire disparaître les barrières entre le « privé » et le « public » ce qui en fait in fine un sujet hautement politique.

 

 

Ni hétérosesexuel-le-s, ni homosexuel-le-s  !

rf_biphobie_partie1_021La bisexualité est une orientation sexuelle différente de l’hétérosexualité et de l’homosexualité. La bisexualité est tout simplement le fait d’être attiré-e sexuellement, affectivement et/ou émotionnellement par une personne sans que le sexe ne soit une condition sine qua non. Le dictionnaire Larousse nous propose deux définitions de la bisexualité qui laissent donc entendre que nous serions tous et toutes potentiellement bisexuel-le-s. Le dictionnaire stipule que la bisexualité est la « coexistence dans tout psychisme humain de potentialités à la fois féminines et masculines » pour la première définition alors que la deuxième définition réduit la bisexualité uniquement à des « pratiques sexuelles aussi bien avec des partenaires de même sexe que de sexe différent ».

La bisexualité tout comme l’homosexualité ou l’hétérosexualité n’est pas un « choix », d’autant plus qu’il est évident que nous ne tombons pas amoureux-se d’un « vagin » ou d’un « pénis » mais avant tout d’un être. L’alchimie entre deux personnes est avant tout quelque chose de complexe et d’inexplicable au delà de la découverte d’atomes crochus, d’une certaine sublimation des échanges (que la rencontre ait lieu ou non), d’une capacité d’abstraction ou d’une simple attraction physique. Une part d’inconnu demeure toujours dans la relation à l’autre, ce qui est d’ailleurs un sujet inépuisable pour la littérature, la poésie ou toute autre forme d’expression artistique. Cependant, il arrive que les personnes bisexuelles soient souvent présentées à tort comme « pansexuelles ». Les bi-e-s sont même parfois mis-e-s sur le même plan que les « transexuelles » dans le milieu militant : sans faire le distinguo entre la théorie du « pansexualisme », la « transidentité » et ce qu’est une orientation sexuelle. La bisexualité est une orientation sexuelle, rappelons-le, qui se réfère aux deux sexes. En revanche, pour les « pansexuel-le-s » un flou est maintenu entre le sexe et le genre (puisque déclaré non pertinent) – ce qui est totalement différent pour la bisexualité. Pour les « trans », il s’agit d’une identité de genre qui ne correspondrait pas au sexe de naissance, ce qui relève d’une autre dimension celle de l’introspection et du rapport au corps que telle ou telle personne peut avoir.

Pour ce qui concerne la sexualité féminine, les travaux de Shere Hite avaient clairement mis en évidence le fait que la plupart des femmes n’éprouvent pratiquement aucun plaisir lors de la pénétration vaginale, sauf si cela se conjugue à une éventuelle stimulation du clitoris. En 2015, une enquête IFOP sur un échantillon large de la population mondiale (8000 femmes de 18 à 69 ans résidant en Italie, Espagne, France, Allemagne, Pays-Bas, Royaume-Uni, Etats-Unis, Canada etc) confirme que les femmes rencontrent bel et bien des difficultés dans leur sexualité et notamment dans l’accès à l’orgasme. D’où l’intérêt d’une plus grande fluidité dans la perception que nous pourrions avoir de l’orientation sexuelle ; tout en faisant preuve d’esprit critique à l’égard des différentes représentations cinématographiques de la sexualité qui glorifient la pénétration, la violence ainsi que cette vampirisation qu’est la pornographie.

La bisexualité implique d’accepter la réalité de l’existence d’un champ plus élargi en termes d’attirances, et donc de renoncer à une vision binaire de l’orientation sexuelle, qui se suffirait à elle-même et se limiterait uniquement à l’hétérosexualité et à l’homosexualité. Le conditionnement social dans les liens qui nous lient à autrui empêche un certain nombre de personnes de voir cette évidence malgré le fait que celle-ci crève les yeux. L’hostilité que les bisexuel-le-s rencontrent au quotidien dans un silence assourdissant, pourrait être en réalité liée avec le fait que leur reconnaissance s’accompagnerait nécessairement d’une réflexion sur le sexe, le genre et de l’acceptation du droit à l’autodétermination des bi-e-s qui se heurtent à une forte résistance.

rf_biphobie_partie1_016En effet, un certain nombre de personne préfèrent opter pour le confort que le nombrilisme leur apporte au détriment d’autrui. La bisexualité n’est pas un effet de « mode », d’autant plus que des données historiques font état de son existence dès l’Antiquité. Pendant l’Antiquité la bisexualité se vivait assez simplement (en tout cas au moins pour les hommes qui accédaient à plus de libertés que les femmes). La diabolisation de la bisexualité coïncide avec l’arrivée des religions monothéistes et de leur notion d’ « ordre moral » qui se manifeste notamment par des injonctions à la « décence » ou à la « pudeur ». Les préjugés ont hélas la vie dure que ce soit par l’adhésion à une pensée unique pour les un-e-s ou à une vision essentialiste pour les autres, qui demeurent des obstacles à l’ouverture d’esprit et au respect envers les bisexuel-le-s (qui ne sont ni hétérosexuel-le-s, ni homosexuel-le-s), mais aussi à l’avènement d’une société pleinement égalitaire, juste ou tout simplement humaniste.

A noter que le terme de « bisexualité » a fait son apparition au XIXème siècle, dans des domaines de recherche scientifique tels que la Biologie, les Sciences sociales ou la psychanalyse (bien que la sémantique associée au signifié ne fût pas pertinente voire même erronée). Pour ce qui concerne la Biologie, la bisexualité faisait référence aux « organismes végétaux et animaux bisexués dotés des deux sexes » – ce qui est une définition inexacte de la bisexualité – et crée une confusion avec l’hermaphrodisme. D’un point de vue biologique, l’hermaphrodisme est la caractéristique physique de la présence des deux sexes chez un être vivant. Selon l’analyse psychologique de l’époque, le raisonnement consisterait à affirmer que la bisexualité serait alors un « hermaphrodisme » – mais cette fois de l’esprit – à savoir une sorte d’abstraction hermaphrodite au regard de leur définition de l’époque. Par conséquent, jusqu’au XIXème la bisexualité était intimement liée à la notion d’hermaphrodisme, mais en 1915 un médecin et psychologue britannique, Havelock Ellis, publia une définition beaucoup plus judicieuse, dans le deuxième volume d’ « Études de psychologie sexuelle », traitant du désir sexuel de l’individu-e pour les hommes et les femmes. Cette définition psychanalytique affirmait alors « TOUT être humain aurait constitutionnellement des dispositions sexuelles à la fois masculines et féminines » – ceci s’oppose à une vision « hétéronormée » de la société. Par contre, la psychanalyste française Françoise Dolto, lors d’une étude de cas clinique a volontairement pris le soin de ne pas mentionner la bisexualité d’une patiente en évoquant un état de « compatibilité de l’homosexualité avec l’hétérosexualité » qui s’expliquerait par une dissociation des « désirs émotionnels et érotiques ». Le chemin de la reconnaissance pleine et entière de la bisexualité est semé d’embûches.

Pour ce qui concerne la bisexualité, celle-ci est malheureusement souvent présentée de manière négative ou alors exclusivement sous l’angle médical : comme si il s’agissait d’une « pathologie » ou d’un « dysfonctionnement ». Le fait d’être indifférent-e au sexe de son/sa partenaire ou de s’intéresser avant tout à la personne ainsi qu’à la qualité de la relation, continue à servir de prétexte à des réactions violentes, que celles-ci se soient exprimées de manière directes ou plus insidieuses. Pour les bi-e-s, l’assignation permanente à l’hétérosexualité/homosexualité ainsi que les multiples procès d’intention y compris de la part des membres de la communauté LGBT+ font partie du quotidien.

rf_biphobie_partie1_014La bisexualité quand elle daigne être abordée dans les débats ou dans les médias, celle-ci est souvent relatée de manière fantasmée, comme un sujet sentant le soufre ou au contraire comme un simple objet d’étude scientifique et/ou statistique : ces postures entretiennent les clichés et renforcent la biphobie ambiante, dans l’indifférence générale, d’où l’urgence d’avoir des espaces spécifiques pour le bi-e-s loin de cette violence. De plus, il y a des personnes qui cherchent même à connaître le « pourcentage » d’attirance envers l’un ou l’autre sexe comme si c’était quelque chose de programmé ou de prévisible – et ceci sans aucune considération de la dimension affective et de la part d’inconnu qui subsiste dans toutes rencontres. Ainsi, c’est comme si nous nous adressions aux hétérosexuel-le-s, gays ou lesbiennes en leur demandant d’énoncer leur pourcentage de partenaires brunes, blondes ou rousses, cela n’a pas de sens. D’un point de vue quantitatif, tant que nous y sommes dans cette absurde comptabilité, faut-il aussi prendre en compte les rencontres des un-es et des autres pour lesquelles il n’y avait pas d’attirance réciproque mais du coup simplement un désir ou une inclination de l’un-e ou l’autre. Il est totalement faux de croire que les bi-e-s seraient attiré-e-s par tout le monde ou qu’il leur serait plus aisé d’avoir des relations : le célibat, ça existe aussi chez les personnes bisexuelles.

Il se peut qu’empiriquement qu’il y ait des « préférences » en fonction du vécu ou guidées par de facteurs socio-culturels mais la réalité des choses est toute autre – ce sera toujours la qualité de la relation, des échanges et de la personne elle-même qui feront la différence. Les bisexuel-le-s refusant ainsi de « choisir » sont donc de facto accusé-e-s de « traîtrise » ou même de vouloir chercher à tout prix à attirer l’attention pour se rendre « intéressant-e-s ». D’où une certaine solitude et incompréhension ressenties par les bisexuel-le-s face à ce conditionnement social important, ou lorsque elles/ils se décident à faire leur « coming out ». Exister en tant que bi-e-s est parfois perçu comme une provocation ou comme une manifestation égocentrique. Les bi-e-s sont même présenté-e-s comme « bêtes de foire ».

(SOS Homophobie) 

« Être bisexuel-le en 2015 signifie être incompris-e, ou encore être perçu-e comme une personne qui doit faire un choix. » – « Un homo qui s’ignore » – « 50 % lesbienne et à 50 % hétéro » 

(Témoignage sur canalblog)

« Elle m’a répondu que je ferais n’importe quoi pour attirer l’attention, que je ne savais plus quoi inventer pour me rendre intéressante. » 

« Vous savez, il n’y a aucune insulte spécifiquement bi. Forcément, la bisexualité n’est qu’une forme d’homosexualité, c’est bien connu. Je n’ai donc jamais été insulté parce que j’étais bi. » [négation de la bisexualité]

« Je ne pourrais jamais sortir avec une fille bie, c’est pas contre toi ou contre les bi-e-s. » [propos biphobe d’une lesbienne]

« C’est mignon, mais entre nous, ça ne va intéresser personne ! » [propos d’un gay sur la biphobie]

« Ça veut dire que tu sors à la fois avec un mec et une meuf ? » [hypersexualisation]

« Surtout dès que tu as une copine, tu m’appelles ! » [proposition de plan à trois]

« On considère que ce n’est pas nécessaire de citer explicitement les bi-e-s. » [occultation] 

 

 

Ni Pan, ni Trans non plus  !

La bisexualité est une orientation sexuelle alors que la « transidentité » est l’absence de concordance entre l’identité de genre d’une personne et son sexe de naissance. Si vous prenez la peine de réfléchir sur le sujet de la bisexualité, vous aurez rapidement l’impression que tout ce qui n’est PAS hétérosexuel et homosexuel est classé à la lettre « D » comme « Divers ». En l’occurrence, les questions inhérentes aux personnes bisexuelles souvent mises sur le même panier que la notion de « transgenre », de l’hermaphrodisme ou encore du « pansexualisme » qui ne sont pas une orientation sexuelle en soi.

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Drapeau trans

Il s’agit donc d’énoncer avec exactitude une orientation sexuelle à part entière – la bisexualité – et non pas de la confondre avec le questionnement relatif à la « transidentité » que telle ou telle personne peut avoir peu importe son orientation sexuelle. Les termes « transphobie » et « biphobie » semblent être de plus en plus sujets à comparaison ou même carrément mis sur le même plan. La biphobie demeure une discrimination de type additionnelle (autant de la part des hétérosexue-le-s que des homosexuel-le-s) ; qui réside dans la négation d’une orientation sexuelle, ce qui est complètement différent d’une problématique en corrélation avec l’identité de genre. En revanche, la transphobie dispose d’un arsenal juridique avec des lois spécifiques alors que pour la biphobie ce n’est évidemment pas le cas. De plus, les personnes transexuelles disposent d’une plus grande visibilité au sein de la communauté LGBT que ce soit au sein même de la direction d’associations ou lors d’événements culturels. A noter que le mot d’ordre de la dernière « Marche des fiertés 2016 » fut exclusivement consacré aux « trans » à savoir le suivant « Les droits des personnes trans sont une urgence. Stérilisations forcées, Agressions, Précarité: Stop ». La situation des « trans » n’a donc rien à voir avec celle des bi-e-s mais beaucoup de personnes continuent à les comparer, la lutte contre la transphobie mobilise visiblement beaucoup plus que celle contre la biphobie ; ceci ne peut être nié si nous avons un tant soit peu d’honnêteté intellectuelle. En résumé, le combat contre la biphobie continue à être mis sous silence alors que celui de la lutte contre transphobie arrive à obtenir l’adhésion de l’ensemble des énergies militantes.

Il existe des personnes transexuelles qui se déclarent être bisexuelles (homosexuelles ou hétérosexuelles) – l’amalgame entre la notion d’identité de genre et l’orientation sexuelle est souvent constaté dans les débats. Cependant, il y a également un faux procès qui est fait aux bisexuel-le-s, celui d’avoir une éventuelle animosité envers les personnes transexuelles voire même de refuser d’avoir une relation avec celles-ci alors que l’Association « BiCause » est elle-même gérée par un certain nombre de « trans » qui d’ailleurs participent chaque année au défilé « Existrans ». Cette stratégie victimaire s’apparente à de la manipulation, et il est évident que d’inciter des indiviu-e-s à avoir des rapports forcés avec les « trans » est un procédé ignoble ; comme si il fallait obligatoirement « donner de son corps » pour « justifier » son adhésion au combat contre telle ou telle discrimination. Cet effet de style, par juxtaposition systématique interposée,de la biphobie et de la transphobie dans une même phrase, a été constaté à plusieurs reprises et peut occasionner une certaine confusion des esprits ayant pour conséquence d’invisibiliser davantage les bi-e-s qui seraient alors leur « alter ego » ou une sorte d’indicateur comparatif, donc dépouvu-e-s de caractéristiques propres. La lutte contre la transphobie a clairement une longueur d’avance avec une intégration au rapport annuel de SOS Homomophobie dès 2010, soit trois années avant la biphobie et là encore le contenu du rapport lui consacre globalement un plus grand espace. Ces renvois ou ces comparaisons hasardeuses créent des associations d’idées qui n’ont pas lieu d’être, et peuvent rendre encore plus difficile le « coming out » des bi-e-s. Donc, le raisonnement consiste à dire aux bisexuel-le-s que si vous n’êtes pas hétérosexuel-le-s ou homosexuel-le-s, vous seriez alors un peu comme les transexuel-le-s – ce qui signifie qu’elles/ils ne peuvent pas exister en tant quel comte tenu de leur orientation sexuelle autre. Les personnes bisexuel-le-s n’ont donc pas le droit d’exister par et pour elles-mêmes, mais ceci ne signifie pas pour autant qu’un-e individu-e doit être réduit-e à sa bisexualité dans sa vie de tous les jours ou pire encore à savoir le fait d’envisager la bisexualité comme un éventuel « trait de caractère ».

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Drapeau pan

La bisexualité est une orientation sexuelle alors que le « pansexualisme » est un concept qui se caractérise par le refus d’établir une quelconque distinction entre le genre et le sexe. Ainsi, les personnes qui se déclarent comme « pansexuelles » mettent la « transidentité » sur le même plan que les trois orientations sexuelles (bisexualité, hétérosexualité et homosexualité). Les « pro-pansexualisme » estiment donc qu’il est inutile voire même futile de nommer les choses et préfèrent alors entretenir un flou artistique entre l’orientation sexuelle et l’identité de genre, malgré le fait que cette simplification au maximum de la sexualité soit dommageable pour les adolescent-e-s par exemple les laissant avec de nombreuses questions sans réponses. La confusion entre pansexualisme et bisexualité entrave lourdement le besoin des bisexuel-le-s d’accéder à l’autodétermination : cet amalgame accentue l’invisibilité des bi-e-s.

La bisexualité se définit par une attirance émotionnelle, affective et/ou émotionnelle pour un-e individu-e de même sexe ou de sexe opposé. Les personnes pansexuelles refusent farouchement toute réflexion intellectuelle ou étude sémantique sur la sexualité, sachant que toute démarche d’analyse du genre et du sexe apparaît alors comme suspecte, voire même assimilée à une forme de « pinaillage ». Etre « pan », c’est plutôt être contre quelque chose, que de proposer une vision (plus ou moins) claire du concept en question, et le refus du débat contradictoire n’arrange à l’affaire. La récupération politique consiste à se réapproprier ce concept flou et à présenter l’hypersexualisation comme un acte subversif. Une inclination ou des rapports sexuels en soi – ne sont ni un acte de militantisme, ni un choix – contrairement à la lutte contre la négation d’une orientation sexuelle à part entière avec son lot de préjugés et de discriminations subis au quotidien. Le récent concept du « pansexualisme » n’est-il pas une manière de recycler la théorie freudienne relative à l’ « instinct sexuel » sous couvert d’ouverture d’esprit ? Ou encore n’est-ce pas une manière de remettre au goût du jour la posture soixante-huitarde de la sexualité ? Il est navrant de constater que le pansexualisme est également glorifié par narcissisme – pour se valoriser – en se targuant d’être les personnes les plus « tolérantes » du monde, car elles n’auraient aucun questionnement sur le sexe, l’identité de genre ou le genre dans leur vie sexuelle. Pour rappel, cela relève aussi de l’intime et du respect des attirances que chacun-e pourrait avoir ou non : le fait de vouloir interdire à autrui ce travail d’introspection est une violence.

De plus, le « pansexualisme » est même carrément appelé « pansexualité » pour mieux le confondre avec les trois orientations sexuelles (hétérosexualité, bisexualité, homosexualité) ayant pour conséquence le fait de banaliser l’absence de réflexion sur le genre ou le sexe ; allant jusqu’à accuser les contradicteurs/trices de « transphobie » si elles/ils n’auraient pas « envie » d’avoir un rapport sexuel avec une personne transexuelle. Les « pro-pansexualisme » n’ont pas à exercer une pression sociale ou psychologique via cette accusation de racisme pour obtenir les faveurs sexuelles de telle ou telle personne : c’est de la manipulation à l’état pur. Il s’agit d’un « étiquetage » récent et la création du drapeau des pansexuel-le-s date de 2010 pour mieux véhiculer leur refus de faire une différence entre le genre, le sexe et l’identité de genre alors que la bisexualité est un terme suffisamment clair et inclusif.

(Première enquête nationale sur bisexualité – 2015)

« Le deuxième axe interroge la visibilité accordée aux bi-e-s, souvent effacé-e-s, au même titre que les personnes trans, dans la communauté LGBT. »

(SOS Homophobie)

« Ce Rapport [2013] annuel présente pour la première fois, en plus de l’habituel chapitre sur la transphobie et de l’exergue habituelle sur la lesbophobie, deux focus sur la gayphobie et la biphobie. »

(BiCause)

« « Bi »signifie « deux » et donc se réfère aux deux sexes. »

(Encyclopédie Universalis)

« Pansexualisme : théorie considérant que tout comportement humain possède une origine sexuelle inconsciente. »

 

 

Échelle de Kinsey

rf_biphobie_partie1_0116Alfred Kinsey, Professeur d’entomologie et de zoologie, est mondialement connu pour avoir publié deux études importantes sur le comportement sexuel des hommes et des femmes – « Sexual Behavior in the Human Male » en 1948 et « Sexual Behavior in the Human Female » en 1953. Ces études avaient fait l’effet d’une bombe mais furent un succès de librairie. Les rapports Kinsey qui prenaient pour objet le plaisir, à savoir la mesure de l’orgasme et non pas la reproduction, remettaient sévèrement en cause la vision « hétérocentrée » de la société américaine des années 50. En effet, en pleine période de guerre froide où le maccarthysme faisait rage tout comme les campagnes contre les homosexuel-le-s : les travaux de Kinsey avaient déclenché de vives critiques et polémiques sur les résultats de ses recherches, tant d’un point de vue méthodologique que scientifique. Les lobbies puritains avaient cherché à le discréditer par le biais d’accusations de pédocriminalité. Kinsey était également accusé de vouloir faire du sensationnisme à travers ses publications. La société américaine de l’époque qui était très axée sur l’ordre moral, condamnait l’homosexualité, l’avortement et – tout débat sur la sexualité – était rapidement perçu comme une atteinte à la « pudeur » compte tenu du poids des religions. Il s’agissait donc d’une véritable bataille idéologique. Les travaux de recherche de Kinsey mettaient en évidence une diversité des orientations sexuelles, en affirmant qu’une proportion non négligeable de la population s’adonnait à des expériences homosexuelles sans « endommager » les relations dites hétérosexuelles.

Kinsey faisait donc figure de pionnier dans la communauté scientifique de son époque, en affirmant que les individu-e-s ne seraient PAS soit homosexuel-le-s soit hétérosexuel-le-s. Les rapports Kinsey mettaient en évidence la réalité de la bisexualité dans ses multiples nuances, avec le recours à une échelle graduée entre 0 et 6, allant du critère « Entièrement hétérosexuel-le » (0) à « Entièrement homosexuel-le » (6). En d’autres termes cela signifie que les individu-e-s évalué-e-s de 1 à 5 sont considéré-e-s comme bisexuel-le-s en fonction de leurs expériences sexuelles, de leurs réactions psychologiques et des réponses fournies au questionnaire.

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Échelle de Kinsey

L’échelle de Kinsey se décrit comme suit :

  • 0 = Entièrement hétérosexuel-le
  • 1 = Prédominance hétérosexuelle, occasionnellement homosexuel- le
  • 2 = Prédominance hétérosexuelle, avec un « passé » homosexuel bien distinct
  • 3 = Egalement hétérosexuel- le et homosexuel- le
  • 4 = Prédominance homosexuelle, avec un « passé » hétérosexuel bien distinct
  • 5 = Prédominance homosexuelle, occasionnellement hétérosexuel- le
  • 6 = Entièrement homosexuel- le

Kinsey a également fait d’autres révélations très éloignées de la société conservatrice de l’époque, et hautement contestées en raison de la présence de prostituées et de prisonniers parmi les sondé-e-s pour parler de ces sujets tabous :

  • 1 homme sur 10 avait des rapports homosexuels réguliers
  • 1 homme sur 2 trompait son épouse
  • 2 hommes sur 3 allaient voir des prostituées
  • 1 femme sur 2 avait des rapports sexuels avant le mariage
  • 1 femme sur 4 commettait l’adultère de façon régulière
  • 87% des célibataires avaient avortées au moins une fois

Le contenu de ces rapports étonna le grand public sachant que d’autres sujets étaient relatés tels que la « qualité des rapports » (hors) mariage, la masturbation, la sodomie, la fellation, le masochisme et osaient donc parler d’homosexualité ce qui provoqua de multiples controverses. Ces premières études scientifiques sur la sexualité humaine ont eu un effet retentissant et certain-e-s analystes estiment que les rapports Kinsey furent à l’origine de la « révolution sexuelle » tant leur impact fut important. Ainsi, en 1973, le président de l’American Psychological Association (A.P.A) qui avait pris la décision de rayer l’homosexualité de la liste des « désordres pathologiques » fut grandement influencée par le travail de Kinsey qui jeta les bases de la recherche moderne dans les domaines de la sexologie et de la sociologie de la sexualité. Les graduations de l’échelle initiée par Kinsey sont souvent utilisées dans les études de sexologie et toujours sujettes à des controverses encore aujourd’hui notamment par des conservateurs (ayant des prises de positions politiques anti-féministes) favorables au maintien des stéréotypes de genre ou aux inégaux rapports sociaux de sexe, au regard de leur hostilité au progrès social.

 

 

Grille d’orientation sexuelle Klein

rf_biphobie_partie1_005Fritz Klein, Sexologue et Psychiatre américain, a mené de nombreuses recherches ayant pour objet la bisexualité, ce qui est d’une certaine manière un acte militant, compte tenu du peu d’intérêt porté à cette orientation sexuelle. En 1974, Klein choisit de publier une annonce dans le journal « Village Voice » afin de collecter des témoignages de personnes bisexuelles et ainsi pallier la pénurie de publications scientifiques sur la bisexualité (qu’il a notamment constatée à la bibliothèque publique de New York). Après avoir pris connaissance du contenu des entretiens, Klein crée le « Bisexual Forum », un groupe dédié à la défense des droits des bisexuel-le-s. En 1978, Klein publie son célèbre ouvrage intitulé « The Bisexual Option » dans lequel il propose une grille d’orientation sexuelle qui a nécessité plusieurs années de recherches. Par la suite, Klein crée un autre « Forum » à San Diego en 1982 puis le « Journal of Bisexuality » dont il sera le Rédacteur en chef. La fondation « American Institute of Bisexuality » initiée par Klein en 1998 visait à encourager les recherches sur ce sujet et à diffuser des connaissances sur la bisexualité.

Fritz Klein qui est un personnage incontournable de la recherche sur la bisexualité, a donc mis au point une « Grille d’orientation sexuelle » puisqu’il considère que l’étude de l’état bisexuel mérite un meilleur outil d’étude scientifique (du fait de l’existence de la bisexualité à des degrés variables selon les individu-e-s). Cet instrument d’étude du comportement sexuel a pour vocation de fournir plus de précisions que l’échelle de Kinsey et de tenir compte de la variété des témoignages recueillis : il s’agit de proposer un modèle de formulaire plus complet pour interroger des personnes sur leur sexualité.

A noter que Klein est le premier à prendre en compte la manière dont la personne elle-même se qualifie, comme étant un aspect important de son orientation sexuelle, tout en affirmant que l’orientation sexuelle peut tout à fait être quelque chose de dynamique et de fluctuant dans le temps et empreint d’une certaine « fluidité » sexuelle à des degrés divers selon les individu-e-s. La grille ne prend pas uniquement en compte les pratiques sexuelles – mais aussi les sentiments et les fantasmes de la personne – tout en faisant le distinguo entre sa vie passée, sa vie actuelle et son « idéal » de vie pour mieux retranscrire cette notion de « fluidité sexuelle ». Donc, la temporalité est également un axe d’analyse de la sexualité d’une personne.

La Grille d’orientation sexuelle de Klein se présente sous la forme d’un questionnaire qui se veut exhaustif, afin de mesurer quantitativement l’orientation sexuelle (hétérosexualité, bisexualité et homosexualité) au moyen de 7 catégories (A à G) et 7 variables (1 à 7) corrélées à 3 facteurs temps (Passé, Présent, Idéal). Le résultat relatif à l’orientation sexuelle est alors composé de 21 critères différents.

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Grille d’orientation sexuelle Klein

– Catégories

  • A = Attirance sexuelle

« Vers qui va votre attirance sexuelle ? »

  • B = Comportement sexuel

« Avec qui avez-vous effectivement eu des relations sexuelles ? »

  • C = Fantasmes sexuels

« Vers qui vont vos fantasmes sexuels ? »

  • D = Préférence émotionnelle

« Par qui vous sentez-vous le plus attiré ? »

  • E = Préférence sociale

« Avec quel genre nouez-vous des relations ? »

  • F = « Mode de vie » hétérosexuel/homosexuel

« Dans quelle « communauté » aimez-vous passer votre temps ?

     Dans laquelle êtes-vous le plus à l’aise ? »

  • G = Auto-identification

« Comment vous étiquetez-vous ou identifiez-vous ? »

– Périodes

  • Passé (jusqu’à un an)
  • Présent (douze derniers mois)
  • Idéal

– Variables

  • 1 = L’autre sexe uniquement
  • 2 = L’autre sexe principalement
  • 3 = L’autre sexe plutôt
  • 4 = Les deux sexes
  • 5 = Le même sexe plutôt
  • 6 = Le même sexe principalement
  • 7 = Le même sexe uniquement

– Résultats

  • Jusqu’à 25 points è Hétérosexuel-le
  • De 26 à 35 points è Bisexuel-le
  • 36 points à 49 è Homosexuel-le

La grille se présente sous la forme d’un tableau et attribue une note de 1 à 7 à chacune des 21 combinaisons. Le questionnaire est rempli au cours d’un entretien sans pour autant avoir la prétention de décrire des faits immuables.

 

 

Journée internationale de la Bisexualité

rf_biphobie_partie1_012Etant donné que la bisexualité souffre d’un incroyable manque de visibilité ou d’une occultation savamment orchestrée par les un-e-s ou les autres, un drapeau a été créé en 1998 par Michael Page. Le drapeau arc-en-ciel de la communauté LGBT englobe la bisexualité mais ne donne pas l’opportunité de communiquer spécifiquement sur cette orientation sexuelle. Il s’agit donc d’un drapeau tricolore composé de trois bandeaux horizontaux – rose magenta, violet lavande et d’un bleu roi. La couleur rose symbolise l’attirance pour le même sexe, le bleu royal pour le sexe opposé et le violet pour les deux sexes. Le fait que la bisexualité soit plus ou moins connue ne signifie pas qu’elle soit reconnue par l’ensemble de la société comme une orientation sexuelle à part entière ou digne de ce nom, d’où l’utilité d’une « Journée internationale de la Bisexualité » en date du 23 septembre.

rf_biphobie_partie1_010La Journée internationale de la Bisexualité (JIB) a été créée aux Etats-Unis en 1999 par trois militant-e-s bisexuel-le-s, Wendy Curry, Michael Page et Gigi Raven car elles/ils se sentaient exclu-e-s des divers événements militants LGBT. Cette journée qui est consacrée à la visibilité de la bisexualité et à la lutte contre la biphobie, indépendamment des autres évènements LGBT+ plus généralistes, a été lancée en réaction à l’occultation massive de la bisexualité et à la persistance de préjugés à l’endroit des bisexuel-le-s émanant des homosexuel-le-s et des hétérosexuel-le-s. Le but est de permettre une visibilité des personnes bisexuelles (qui méritent tout autant le respect), afin qu’un réel changement des mentalités puisse s’opérer dans notre société et aussi parce qu’une fois en couple elles/ils sont perpétuellement assigné-e-s à être homosexuel-le-s ou hétérosexuel-le-s y compris de la part de leur partenaire.

Selon l’Association SOS Homophobie, « la personne bie perturbe l’approche traditionnelle binaire et immuable des orientations sexuelles et amoureuses ». La biphobie n’est pas un mythe mais une réalité de chaque instant d’où l’urgence de se mobiliser et de créer davantage d’espace de visiBIlité. En effet, la bisexualité est « fréquemment oubliée, occultée, moquée ou suspectée » de tous les maux, et à cela s’ajoute le fait d’être continuellement associé-e-s à de nombreux stéréotypes négatifs. Cependant, les réseaux sociaux (surtout anglo-saxons) commencent petit à petit à s’emparer du sujet. Mais, l’« hétérocentrisme », le « gaycentrisme » ou le « lesbocentrisme » ont encore de beaux jours devant eux, à moins que nous nous décidions à contrer plus efficacement cette vision simpliste, binaire, machiste et essentialiste de la sexualité.

 

 

rf_biphobie_partie1_022
BiE féministe : contre le patriarcat,  la domination masculine LGBT, la prostitution, la GPA, l’invisibilité des femmes bies, la biphobie et pour l’égalité F/H

La « Trilologie InvisiBIlité » fait le constat d’un silence assourdissant autour de la bisexualité et vise également à vous inciter à créer une structure FÉMINISTE digne de ce nom (donc abolitionniste, universaliste et laïque) ; dédiée à la lutte contre la biphobie et l’invisibilité des femmes bisexuelles. Les personnes bisexuelles troublent l’ordre établi et cette vision binaire de la sexualité puisqu’un certain nombre d’hétérosexuel-le-s ou d’homosexuel-le-s sont persuadé-e-s d’être le bon élément dans leur centrisme respectif. Le rejet de la bisexualité se traduit par du harcèlement, de l’isolement et des discriminations qui s’additionnent aux violences masculines d’où l’affirmation d’une situation de « triple peine » pour les femmes bisEs (CF 2ème partie). 

 

 

Sources :

 

 

LIENS UTILES   Liens utiles :

– Trilogie InvisiBIlité –

Bisexualité : une orientation sexuelle qui dérange (1ère partie)
https://revolutionfeministe.wordpress.com/2017/01/01/bisexualite-une-orientation-sexuelle-qui-derange-13/

Biphobie : la triple peine des femmes biEs (2ème partie)
https://revolutionfeministe.wordpress.com/2017/02/21/biphobie-la-triple-peine-des-femmes-bies-23/

Féminisme, Bisexualité et… patriarcat LGBT (3ème partie)
A venir

 

 

 

Accueil : https://revolutionfeministe.wordpress.com

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