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Interview de Pascal Bresson, co-auteur de la bande-dessinée Simone Veil l’immortelle, par Hélène Palma.

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Hélène Palma : Votre site officiel (https://pascalbressonbd.weebly.com/ ) vous décrit comme auteur d’albums de bande-dessinée depuis plus de vingt ans, avec des sujets fréquemment politiques, des scandales judiciaires (l’affaire Dominici, l’affaire Seznec). Pouvez-vous détailler ce qui vous a poussé à consacrer un album à la vie de Simone Veil ?

Pascal Bresson : Dans la vie, il y a deux sentiments que je déteste plus que tout : l’injustice et la médiocrité. Souvent les deux s’associent bien. L’injustice est un vrai dégoût pour moi. Depuis quelques années, je me suis spécialisé dans divers domaines : « humanisme », « justice », « social », « racisme », « écologie ». Je suis devenu un auteur engagé avec le temps. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que mon auteur préféré est Victor Hugo. La question du rôle de l’auteur dans notre société est plus d’actualité que jamais. Je tiens à être un « médiateur de la société », pas un « spectateur », mais un « acteur actif » qui raconte, dénonce, analyse tout ce qui se passe de bon ou de mauvais dans notre société. C’est à l’auteur que revient le rôle de gardien et de passeur de mémoire. Des bouts de vie mis sur papier pour les faire durer. L’écriture a toujours eu pour moi des vertus thérapeutiques. Écrire aide soi-même et aide les autres. Mais l’écriture est aussi un moyen d’exprimer les états d’esprit et d’humeur, les colères ou les aspects frivoles de la vie. L’écriture peut se révéler être un outil éducatif essentiel. Je tiens à être celui qui récolte des données pour leur donner forme et les coucher sur papier, c’est une sorte de transmission. Je suis un passeur…

HP : Vous intercalez habilement les épisodes extrêmement éprouvants vécus par Simone Veil au moment du vote de la loi d’autorisation de l’Interruption Volontaire de Grossesse en 1974, avec les épisodes où son passé de déportée et de rescapée de la Shoah lui reviennent en mémoire : avez-vous librement choisi ces croisements entre passé et présent ou avez-vous trouvé des éléments dans sa biographie qui en attestent? Pour quelles raisons avez-vous jugé que ces télescopages entre présent et passé pouvaient servir votre propos ?

PB: C’est un roman graphique de 176 pages, avec des différentes couleurs pour bien différencier les époques. En démarrant la vie de Simone Veil (à noter, j’y travaille depuis plus de trois ans), j’ai décidé de démarrer par la période contemporaine (bleue) à l’époque de la loi pour L’I.V.G en novembre 1974. Dans l’ouvrage, il était important de consacrer un maximum de pages pour expliquer aux futures générations « la loi Veil » qui allait changer la vie de millions de femmes. Tout au long de son combat, on va découvrir chez Simone Veil ses qualités de courage, de droiture et d’intelligence. Je ne voulais par raconter son destin à la fois tragique et exceptionnel dans un ordre chronologique comme le font très souvent les livres écrits sur cette grande dame. C’est un peu comme une « montagne russe », on monte et on descend dans l’émotion sans jamais tomber dans le « pathos ». C’est jamais linéaire, ni lassant. N’oublions pas que c’est une Bande dessinée avant tout. Simone Veil est une héroïne de papier et doit animer des cases, des bulles, des dialogues, tout un récit sans jamais ennuyer le lecteur. Nous avons décidé d’utiliser avec le dessinateur Hervé Duphot des codes couleurs. Jaunes pour son adolescence, couleur grise pour les moments tristes et horribles dans le camps de la mort, une couleur verdâtre pour les flash back (essentiel pour raconter comment Simone Veil est arrivée à être cette grande femme politique), etc… Ainsi, les lecteurs ne perdront pas le fil de l’histoire. Cet album n’est ni hagiographie, ni pamphlet, juste un ouvrage d’un auteur qui voue une passion et qui restitue pour la première fois en bande-dessinée avec l’accord de la famille Veil un personnage essentiel de notre temps dans toute sa vérité et sous toutes ces facettes…

HP : Pensez-vous que Simone Veil devait son engagement auprès des femmes, son empathie en général, à son passé de très jeune déportée ? Croyez-vous qu’elle n’aurait pas développé de conscience féministe, et plus généralement de conscience politique, sans cela ?

PB: Pour résumer votre question, on pourrait dire : « Simone Veil était une féministe mais une aussi une femme de son temps ». Maintenant pour développer, Simone était une personnalité déterminée, un caractère bien trempé. Très jeune déjà, Simone Veil défendait ­les droits des femmes. Petite, elle ne supportait pas de voir sa mère obligée de montrer ses comptes à son père. Quand elle rentre des camps de la mort en 1945, aussitôt elle s’inscrit à Sciences Po. Par la suite, elle devient magistrate. Dans les années 60, Simone Veil fréquente les milieux du mouvement républicain dont son mari Antoine Veil est proche. Puis l’on connaît la suite, en 1974, elle obtient son premier poste ministériel. Elle a eu un parcours étonnant. A l’époque, les femmes des milieux bourgeois dont elle était issue faisaient rarement de la politique. Simone Veil n’est pas devenue le symbole de l’avortement malgré elle, elle a vraiment voulu porter ce combat sur l’interruption volontaire de grossesse. Quand elle a accepté, en 1974, d’être la ministre de la santé de Jacques Chirac, premier ministre de Valéry Giscard d’Estaing, elle savait parfaitement que son premier combat serait la loi sur l’avortement. A l’époque, les mouvements féministes avaient organisé des réseaux qui permettaient aux femmes d’avorter clandestinement en France ou à l’étranger. Le droit à l’avortement est le fruit d’une mobilisation militante qui a commencé dans les années post-Mai 68, autour des mouvements féministes. Son parcours individuel nourrit aussi le combat des femmes. Première  femme présidente du Parlement européen, première ministre de plein exercice sous la Ve République, première femme secrétaire du Conseil supérieur de la magistrature : elle accumule les places de pionnière. Dans l’histoire du féminisme, les premières ont toujours été très valorisées, car elles ouvrent la porte pour les autres. On peut toutefois imaginer que son vécu à Auschwitz a nourri et renforcé la femme qu’est devenue Simone Veil avec un parcours exemplaire…

HP : Le choix de Simone Veil en 1974 fut de se situer au-dessus des débats politiciens et passionnés et d’adopter un point de vue pragmatique, plutôt que moral, sur la question de l’avortement : considérant en effet que l’interruption de grossesse clandestine était un fait, elle estimait qu’il valait mieux l’autoriser et l’encadrer, plutôt que de promettre de jeunes femmes, ayant avorté avec des moyens de fortune, à une septicémie – voire à la mort— ou de réserver l’accès à l’IVG aux quelques femmes qui pouvaient payer grassement une clinique, souvent à l’étranger. Pensez-vous que le public aujourd’hui est toujours sensible à ce raisonnement ? 

PB : « Je n’imaginais pas la haine que j’allais susciter » disait Simone Veil le 26 novembre 1974. L’opinion des Français sur les conditions d’avortement a changé de manière très significative. On observe que dans la France d’aujourd’hui, il n’existe pas de réel clivage de sexe ou d’âge sur les conditions d’interruption volontaire de grossesse. En effet, hommes et femmes se prononcent tout autant pour une autorisation extensive de l’IVG respectivement. On peut considérer qu’aujourd’hui le public est sensible à ce raisonnement. Si l’opinion française est massivement acquise à un recours à l’IVG sans condition, une minorité non négligeable, représentant un quart de la population totale mais aussi un quart des femmes et des jeunes, souhaiterait que cette pratique soit plus encadrée. Les prises de position sont les mêmes chez les hommes et chez les femmes, et quel que soit le nombre d’enfants des personnes interrogées. Mais l’âge fait sentir son effet : plus on est jeune et plus on se montre favorable à la liberté de l’avortement. D’autre part, dans l’ensemble du public prédomine l’idée que l’avis médical doit avoir un grand poids dans la décision d’un avortement pour raisons sociales.

HP: A l’heure où nous échangeons, de très nombreux pays remettent en cause le droit à l’IVG : même si la République d’Irlande a franchi un pas de géant récemment, on sait que l’Espagne, la Pologne, l’Italie contestent ouvertement, jusque devant leur parlement, ce droit fondamental des femmes à disposer de leur corps. Comment percevez-vous cette régression ? Pensez-vous que les gens n’ont pas compris la démarche pragmatique qui était celle de Simone Veil et qui sous-tend l’idée de légaliser le recours à l’IVG ? Pensez-vous que les gens auraient besoin d’accéder aux chiffres démontrant que la légalisation de l’avortement le fait en réalité baisser [1]? Ou s’agit-il tout simplement d’un ressac réactionnaire à l’encontre des avancées féministes ?

 PB: On peut ajouter le Chili sur la liste qui s’apprête enfin à alléger sa législation sur l’IVG. En Amérique latine ou en Afrique, certains pays prohibent l’avortement quand certains ne l’autorisent qu’à des conditions très restrictives. Ce sont les femmes d’Europe et d’Amérique du Nord qui bénéficient des législations les plus libérales. Dans la pratique, l’IVG reste fortement limitée dans certains pays. Les médecins peuvent en effet faire appel à la « clause de conscience », qui les autorise à ne pas pratiquer d’acte pouvant heurter leurs convictions éthiques, morales et religieuses. Il ne s’agit pas d’un retour brutal des vagues réactionnaires, c’est plus un état d’esprit, une ouverture d’esprit. Un nombre important de pays continuent de l’autoriser uniquement sous des conditions extrêmement restrictives. Notamment en cas de danger pour la vie de la mère. Par contre pour les autres, ceux qui sont contre, le problème qui se pose est précisément celui-ci : qui tranchera et sur la base de quel(s) critère(s) ? Qui décidera quand il y a vie humaine et quand il n’y a rien ou presque rien ? Mais pour moi, pour résumer : « Les femmes ont le droit de disposer de leur corps » comme elles le veulent…

HP: Le parcours de vie de Simone Veil nous rappelle l’urgence de l’action politique : urgence d’informer sur ce droit fondamental qu’est l’IVG afin de le préserver, urgence d’entretenir le souvenir et de lutter contre le négationnisme de la Shoah, urgence d’éduquer les jeunes générations. Transcrire en bande-dessinée les éléments de la vie, de la mémoire et du parcours exceptionnel de cette femme, à la fois survivante du plus terrible génocide de l’Histoire contemporaine et personnage politique et féministe majeur, est-ce une manière efficace d’agir politiquement, de lutter contre l’oubli, contre le négationnisme, contre la misogynie, et plus généralement contre la violence? Pourquoi ?

PB: Ce fut un véritable défi à relever. La bande-dessinée est un bon support de communication pour toucher un maximum de jeunes. Depuis plus de 25 ans, j’interviens dans les écoles, collèges et lycées pour parler avec les jeunes du devoir de mémoire, la transmission. Je suis souvent étonné de constater l’ignorance qui règne dans certains secteurs scolaires. J’ai parfois un sentiment d’échec. Il y a un manque cruel chez nos jeunes de curiosité. En réalisant « Simone Veil, l’Immortelle » c’était un impératif absolu que de rendre hommage à cette grande dame pour ne pas l’oublier. Je tenais à ce que nos futures générations sachent quelle horreur avait été commise dans les camps de la mort, combien de femmes se faisaient avorter dans des conditions épouvantables, l’intimité d’une combattante, etc… Je voulais que ces futures générations n’oublient JAMAIS. Ce fut un énorme travail. J’ai dû rassembler énormément de documentations, conserver de nombreux témoignages et entretiens de Simone Veil, vérifier, recouper pour établir les faits de façon inconstestable Si vous prenez par exemple 40 livres sur la vie de Simone Veil, vous avez 40 versions différentes. J’ai préféré m’appuyer sur ses propres interviews car je savais qu’elle les relisait. Aujourd’hui, les jeunes ont une cause sublime, celle de transmettre notre passé, notre culture et notre patrimoine.

HP: J’ai lu, à l’entrée de l’album, une dédicace à vos enfants. Avez-vous écrit cet album également pour vos filles? Que souhaitez-vous leur dire en publiant cette bande-dessinée ? Quelle représentation de l’IVG souhaitez-vous leur transmettre ?

 PB: En effet, j’ai dédié cet album à mes trois filles. J’ai pensé évidemment à elles et aux futures générations tout au long de cette réalisation. A l’occasion de la sortie de cet album, j’ai animé en France de nombreux ateliers auprès de plusieurs lycéennes. J’ai eu des témoignages émouvants, comme par exemple : « C’était un accident, ce n’était pas le moment ! », « Je n’avais aucun projet avec cet homme. Cela n’avait aucun sens » ou « J’avais oublié ma pilule, c’est un acte manqué ». Certains cas sont incontestablement liés à un déficit d’information sur la contraception ou à des erreurs de prescription, Mais beaucoup d’autres elles semblent répondre à une nécessité inconsciente, comme s’il fallait que ces grossesses aient lieu, quand bien même elles étaient destinées à être interrompues. Evidemment ce n’est pas facile d’en parler ni de se mettre dans leur peau en étant un homme. Les parents ont un rôle important à jouer, il n’y a pas que la maman, mais le père aussi doit-être concerné. Un bon dialogue dans la famille est forcément une bonne chose. Il faut accompagner nos jeunes, les aider à une meilleure prévention, le sujet ne doit pas être tabou. Avec mes filles, nous en avons parlé très souvent. Leur maman a été toujours présente également quand il fallait entrer dans le sujet. Mais dans l’ensemble, je constate toutefois qu’il y a une grande augmentation d’avortements chez nos ados. Défaut d’éducation à la sexualité, difficultés d’accès à la contraception : le nombre d’avortements ne cesse d’augmenter chez les adolescentes, il y a des questions à se poser. L’IVG, même si la contraception est développée avec la pilule essentiellement, demeure une nécessité face aux grossesses imprévues. Il n’existe pas de contraception parfaite, surtout quand le choix du contraceptif n’a pas été fait par la femme elle-même. Même sous pilule ou avec un stérilet, une femme peut tomber enceinte. Encore une fois, le rôle des parents est majeur, c’est l’éducation qui est la base de tout…

HP: Etes-vous favorable à l’IVG ? Pouvez-vous détailler votre réflexion, en tant qu’homme et père ?

PB: En 44 ans, l’opinion sur l’IVG a nettement évolué et notamment chez les hommes. Je me souviens d’un sondage en France qui annonçait que 75% des Français étaient favorables à l’IVG. Un grand pas a été fait en quelques années. Il reste toutefois 25% d’esprits à faire évoluer. En tant que père, j’ai toujours été pour l’IVG. Et pour tout vous avouer, même à l’adolescence, j’étais pour l’avortement. Si la femme est le décisionnaire final de la poursuite ou non de sa grossesse, il ne faut pas pour autant négliger la place du père. Le rôle du conjoint est donc essentiel. C’est un réel soutien moral, même s’il souffre aussi de la perte de l’enfant désiré. Je suis heureux de constater que les mentalités évoluent. Les positions les plus radicales sont en net recul. Par ailleurs, si les positions divergeaient très sensiblement selon l’âge il y a 40 ans, ce n’est plus le cas aujourd’hui. La proportion de personnes favorables à une autorisation sans restriction de l’IVG atteint le même niveau, à 77 %, parmi les moins de 35 ans et les 65 ans et plus. Cependant la pratique religieuse demeure un élément de clivage…

HP: Une dernière question sur le qualificatif choisi pour décrire Simone Veil : « immortelle ». C’est une référence, bien-sûr, à son statut à l’Académie française où elle fut reçue en 2010, mais on sent que vous chargez l’adjectif de bien d’autres sens, surtout lorsqu’on atteint la fin de votre album : pouvez-vous expliquer tout ce que vous suggérez par le choix de ce terme pour la qualifier ?

PB: Au départ, je pensais à un titre plus percutant, comme « Matricule 78651 ». Ce projet est né au Panthéon il y a quelques années. J’étais en compagnie de ma compagne dans ce monument symbolique. En regardant les tombeaux de Zola, Jaurès, Moulin, Hugo, Césaire, on s’est demandés en se regardant l’un et l’autre qui pourrait un jour venir s’installer dans ces lieux pour l’éternité. Ma compagne Marina et moi-même nous nous sommes dit en cœur « Simone Veil ». C’est ainsi que ce projet a vu le jour. J’ai eu la chance par la suite de rentrer en contact directement avec la famille Veil grâce à mon ami et ancien patron du célèbre « 36 Quai des Orfèvres », Claude Cancès. J’ai eu la chance de pouvoir rencontrer cette grande dame. Je ne vous dis pas mon émotion. Je m’étais engagé auprès de son fils Jean Veil, garant du patrimoine « Veil » ne ne pas parler de la vie privée de sa maman. Promesse tenue. Je savais que Simone était très malade. A sa disparition, j’ai même dû changer la fin de mon histoire. Ce jour-là, j’étais sur ma table à dessin (Je suis dessinateur et scénariste), j’attaquais la période scoute de Simone. Parfois, j’allume la télé pour avoir une présence. Là, d’un coup, j’apprends le décès de Simone Veil. Un vrai coup de massue sur la tête ! Je n’ai pas pu tenir mon crayon pendant 15 jours. Je me trouvais dans une petite déprime, pour moi elle était immortelle ! Une grande dame comme elle ne pouvait pas partir ! Pourtant, Simone Veil aurait pu mourir beaucoup plus tôt car elle avait été condamnée à mort, il y a soixante-treize ans, par le nazisme. Elle était juive, elle avait seize ans, elle n’avait donc pas le droit de vivre aux yeux de ceux qui avaient planifié la solution finale pour pouvoir exterminer tout un peuple à une échelle industrielle. elle aurait pu mourir comme elle avait vu mourir ces femmes et ces enfants que l’on envoyait prendre des douches dont on ne revenait jamais. Elle aurait pu mourir, comme son père, comme son frère ou encore comme sa mère, de fatigue, de froid et d’épuisement sur le bord des chemins empruntés par des millions de déportés dans les marches de la mort. Simone Veil n’est pas morte, elle a survécu, puis elle a fait mieux, elle a vécu et elle a choisi de consacrer au bien commun cette vie qu’elle avait gagnée contre le mal absolu à force de courage, de volonté, de ténacité et d’intelligence. C’est pour cela que j’ai trouvé au final un titre symbolique « Simone Veil, l’Immortelle », car pour moi, au plus profond, est restera « IMMORTELLE »…

HP : Merci beaucoup Pascal Bresson, à la fois pour vos réponses précises et pour ce très bel album, qui rend justice avec sobriété et pudeur à une femme politique de très grande envergure. L’album « Simone Veil l’immortelle » sera en vente à partir du 27 juin 2018, disponible en pré-commande auprès de diverses librairies en ligne.

 

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[1] « On sait que l’avortement clandestin faisait environ trois mille morts par an en France, dans les années qui ont précédé le vote de la loi Veil. La légalisation a supprimé cette hécatombe et a eu, à moyen terme, un effet prévu par peu de gens : depuis lors, le nombre d’avortements baisse chaque année, grâce au fait qu’une interruption de grossesse en milieu hospitalier est, en principe du moins, l’occasion d’une information sur la contraception » (Michèle Le Doeuf, L’étude et le rouet, Paris : Le seuil, 1989, I : 303).